XII - And now, the conclusion
Épisode 12 : le dernier.
C’est à partir du dimanche que j’ai commencé à faire mentalement la liste de tout ce qui me manquerait ici. Outre l’habitude de manger du Marmite au petit déjeuner, la moquette très épaisse et le baume à l’égo quotidien que consiste le fait de vivre avec des gamins (« Helen, look at this ! She’s unbelievable ! »), je commençais à bien apprécier de regarder Pokémon tous les matins, suivis de Storm Hawks, et l’énorme tas de legos de la salle à manger me plaisait bien. D’ailleurs, j’ai dû passer ce dimanche à essayer de finir le vaisseau Star Wars que je m’étais mise au défi de reconstruire (surtout que personne ne croyait que j’y arriverais avant de partir. Moi je dis, never doubt of a french girl).
Le lundi 31 août, c’était « Bank Holiday » ! Jour férié, mais en Angleterre on ne fait de fériés que les lundis (oui, vous avez bien lu : on ne fait pas le pont. Triste pays). La sortie familiale consista à aller visiter des bateaux, et c’était vachement cool. On est montés sur plusieurs bâtiments, dont un voilier et un bateau plus récent, on a fait un tour de bateau à vapeur, et… on a visité un sous-marin, hihi. Alors faut pas être claustrophobe hein, mais c’était vachement sympa (ça activait ma fibre aventurière, mdr).
Le mardi donc, c’était le dernier jour où je m’occupais des gamins (leur rentrée était le mercredi 2 septembre, quand je partais). Ben c’était une grosse journée XD. Déjà, j’ai passé une bonne partie de la matinée au Saintsbury pour acheter des trucs à ramener (Dr Pepper, Marmite, beurre de cacahuète, KitKats à la menthe, fudges à la vanille, thé au gingembre, Darjeeling, Maltesers au chocolat blanc, Nesquik à la fraise, Cheddar, Crackers, Beanz, …). Je me suis trop marrée à la caisse parce qu’au début je pensais que le gars avait énormément de mal (il était extrêmement lent) mais en fait ils le faisaient tous… Quand t’arrives, « Hello ! How are you ? It’s sunny today huh ? », et puis, moi qui suis championne du tetris-des-courses (le aldi, ça vous rôde bien), ben il attendait que je pose chaque article au fond de mon sac avant de me passer le suivant MDR. Ce pays est excellent.
Ensuite, grosse aprèm parce qu’il aurait été cruel de ma part de refuser de jouer aux cartes tout le temps, etc. Et puis j’avais promis de leur écrire les règles de tous les jeux que je leur avais appris (expliquer le tas de merde, le kems et tout, à l’oral, c’est déjà tendu, alors à l’écrit et en anglais… mais Helen a eu l’air de trouver mon fichier Word satisfaisant). Et puis il fallait que je fasse ma valise, et surtout que je case mes 35£ de courses (j’suis sympa quand même hein), mon énorme tas de livres (deux pavés grand format de mille pages, plus une dizaine de livres de poche), mes nouveaux habits (dont les tee shirts pour Zou et un manteau d’hiver) dans mes petits sacs (rappelons qu’à la base je suis partie avec autant de vêtements que pour deux semaines à Nancy, deux livres de poche, mon trieur, mon ordinateur et mes affaires de toilette. Ça passait dans mon sac à dos, mon sac de Nancy et un sac de marin).
Le soir, les enfants m’ont offert chacun une carte qu’ils avaient faite, c’était trop super <3. Et les parents un livre chacun (un sur Stonehenge et un sur des réécritures macabres de contes de fées). Et puis je suis allée me coucher.
Le mercredi matin, c’était la course : on m’amenait à la gare pour neuf heures et quart, Stephen à son école pour neuf heures et demie, puis on repassait chercher Helen pour l’amener à la sienne à dix heures. Du coup, les au revoirs ont été plutôt brefs, j’ai promis aux petits que je leur écrirai (c’est qu’on s’y attache), et puis je me suis fait arroser de compliments sur mon séjour, ça fait très plaisir (egoooo).
C’est ainsi que je me suis retrouvée, chargée comme un mulet, à demander au monsieur de la gare si, comme je prenais l’eurostar, j’avais bien le droit de voyager gratuitement (c’est cool ça !).
C’est seulement arrivée à Ashford que je me suis dit que ça n’allait PAS le faire. En tout j’avais quatre sacs (les trois du départ et un sac de courses), dont des trucs très lourds (les boîtes et les livres). Je me suis traînée difficilement jusqu’au check-in et là… là non seulement mon chapeau est resté coincé dans le tapis roulant des rayons X (bon, on l’a récupéré quand on a vu que je cachais pas des lames de rasoir dedans), mais en plus on voulait pas me rendre mon sac de marin. On a procédé à une fouille réglementaire (c’est même moi qui ai ouvert le sac… au cas où il y ait un détonateur sur les cordons, j’imagine). Le monsieur vérifiant scrupuleusement mon rubik’s cube et les pages de mes livres, jusqu’à ce qu’il tombe sur… mes boîtes de beanz.
« Where are you from ?
- France.
- You can’t buy that down there ?
- Nope.
- …
- I’m not allowed to have them ?
- Yes, you are… »
Voilà, ça devait ressembler à des bombes, aux rayons X, MDR. Je lui ai fait son flip de la journée, et il m’a aidé à refermer mon sac. Dans l’eurostar, je me suis amusée à apprendre le début des Veilleurs, de Rimbaud.
À Paris, ça faisait bizarre d’entendre parler français. J’ai baptisé mon retour au pays gastronomique avec un sandwich de la Brioche Dorée, du type « lard-jambon-raclette-reblochon ». Entre la gare du Nord et la gare de l’Est, Eléna m’a aidée à porter mes affaires. Heureusement parce que je crois pas que j’en aurais été capable toute seule. D’ailleurs, j’ai supplié Emy et Lucie de m’aider entre la gare de Nancy et leur appartement. Et Jessica de m’aider le lendemain pour retourner à la gare. Et Papa s’est tapé mes sacs entre le quai à Arches et la voiture. Non, vraiment, la gastronomie anglaise, c’est lourd à porter : D
C’est à partir du dimanche que j’ai commencé à faire mentalement la liste de tout ce qui me manquerait ici. Outre l’habitude de manger du Marmite au petit déjeuner, la moquette très épaisse et le baume à l’égo quotidien que consiste le fait de vivre avec des gamins (« Helen, look at this ! She’s unbelievable ! »), je commençais à bien apprécier de regarder Pokémon tous les matins, suivis de Storm Hawks, et l’énorme tas de legos de la salle à manger me plaisait bien. D’ailleurs, j’ai dû passer ce dimanche à essayer de finir le vaisseau Star Wars que je m’étais mise au défi de reconstruire (surtout que personne ne croyait que j’y arriverais avant de partir. Moi je dis, never doubt of a french girl).
Le lundi 31 août, c’était « Bank Holiday » ! Jour férié, mais en Angleterre on ne fait de fériés que les lundis (oui, vous avez bien lu : on ne fait pas le pont. Triste pays). La sortie familiale consista à aller visiter des bateaux, et c’était vachement cool. On est montés sur plusieurs bâtiments, dont un voilier et un bateau plus récent, on a fait un tour de bateau à vapeur, et… on a visité un sous-marin, hihi. Alors faut pas être claustrophobe hein, mais c’était vachement sympa (ça activait ma fibre aventurière, mdr).
Le mardi donc, c’était le dernier jour où je m’occupais des gamins (leur rentrée était le mercredi 2 septembre, quand je partais). Ben c’était une grosse journée XD. Déjà, j’ai passé une bonne partie de la matinée au Saintsbury pour acheter des trucs à ramener (Dr Pepper, Marmite, beurre de cacahuète, KitKats à la menthe, fudges à la vanille, thé au gingembre, Darjeeling, Maltesers au chocolat blanc, Nesquik à la fraise, Cheddar, Crackers, Beanz, …). Je me suis trop marrée à la caisse parce qu’au début je pensais que le gars avait énormément de mal (il était extrêmement lent) mais en fait ils le faisaient tous… Quand t’arrives, « Hello ! How are you ? It’s sunny today huh ? », et puis, moi qui suis championne du tetris-des-courses (le aldi, ça vous rôde bien), ben il attendait que je pose chaque article au fond de mon sac avant de me passer le suivant MDR. Ce pays est excellent.
Ensuite, grosse aprèm parce qu’il aurait été cruel de ma part de refuser de jouer aux cartes tout le temps, etc. Et puis j’avais promis de leur écrire les règles de tous les jeux que je leur avais appris (expliquer le tas de merde, le kems et tout, à l’oral, c’est déjà tendu, alors à l’écrit et en anglais… mais Helen a eu l’air de trouver mon fichier Word satisfaisant). Et puis il fallait que je fasse ma valise, et surtout que je case mes 35£ de courses (j’suis sympa quand même hein), mon énorme tas de livres (deux pavés grand format de mille pages, plus une dizaine de livres de poche), mes nouveaux habits (dont les tee shirts pour Zou et un manteau d’hiver) dans mes petits sacs (rappelons qu’à la base je suis partie avec autant de vêtements que pour deux semaines à Nancy, deux livres de poche, mon trieur, mon ordinateur et mes affaires de toilette. Ça passait dans mon sac à dos, mon sac de Nancy et un sac de marin).
Le soir, les enfants m’ont offert chacun une carte qu’ils avaient faite, c’était trop super <3. Et les parents un livre chacun (un sur Stonehenge et un sur des réécritures macabres de contes de fées). Et puis je suis allée me coucher.
Le mercredi matin, c’était la course : on m’amenait à la gare pour neuf heures et quart, Stephen à son école pour neuf heures et demie, puis on repassait chercher Helen pour l’amener à la sienne à dix heures. Du coup, les au revoirs ont été plutôt brefs, j’ai promis aux petits que je leur écrirai (c’est qu’on s’y attache), et puis je me suis fait arroser de compliments sur mon séjour, ça fait très plaisir (egoooo).
C’est ainsi que je me suis retrouvée, chargée comme un mulet, à demander au monsieur de la gare si, comme je prenais l’eurostar, j’avais bien le droit de voyager gratuitement (c’est cool ça !).
C’est seulement arrivée à Ashford que je me suis dit que ça n’allait PAS le faire. En tout j’avais quatre sacs (les trois du départ et un sac de courses), dont des trucs très lourds (les boîtes et les livres). Je me suis traînée difficilement jusqu’au check-in et là… là non seulement mon chapeau est resté coincé dans le tapis roulant des rayons X (bon, on l’a récupéré quand on a vu que je cachais pas des lames de rasoir dedans), mais en plus on voulait pas me rendre mon sac de marin. On a procédé à une fouille réglementaire (c’est même moi qui ai ouvert le sac… au cas où il y ait un détonateur sur les cordons, j’imagine). Le monsieur vérifiant scrupuleusement mon rubik’s cube et les pages de mes livres, jusqu’à ce qu’il tombe sur… mes boîtes de beanz.
« Where are you from ?
- France.
- You can’t buy that down there ?
- Nope.
- …
- I’m not allowed to have them ?
- Yes, you are… »
Voilà, ça devait ressembler à des bombes, aux rayons X, MDR. Je lui ai fait son flip de la journée, et il m’a aidé à refermer mon sac. Dans l’eurostar, je me suis amusée à apprendre le début des Veilleurs, de Rimbaud.
À Paris, ça faisait bizarre d’entendre parler français. J’ai baptisé mon retour au pays gastronomique avec un sandwich de la Brioche Dorée, du type « lard-jambon-raclette-reblochon ». Entre la gare du Nord et la gare de l’Est, Eléna m’a aidée à porter mes affaires. Heureusement parce que je crois pas que j’en aurais été capable toute seule. D’ailleurs, j’ai supplié Emy et Lucie de m’aider entre la gare de Nancy et leur appartement. Et Jessica de m’aider le lendemain pour retourner à la gare. Et Papa s’est tapé mes sacs entre le quai à Arches et la voiture. Non, vraiment, la gastronomie anglaise, c’est lourd à porter : D
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