VIII - Semaine 4
Épisode 8 : la quatrième semaine…
fatigante.
Dimanche : excursion familiale au château de Dover. Dover, LA destination pour laquelle je me disais « c’est vraiment dommage, mais j’aurai pas assez de sous pour celle là ». Une aubaine. On a
pas vu les falaises aussi bien que je l’aurais souhaité (enfin les photos que j’avais vues ont probablement été prises depuis la mer), mais le château valait le coup (et j’ai bien fait de pas y
aller toute seule, parce que la ville en elle-même avait pas l’air tip top, trop grande, le port prenait tout l’espace donc je pense pas qu’on puisse s’y baigner, et les falaises ont l’air
beaucoup moins abordables qu’à Hastings…). On a aussi visité les tunnels creusés dans les falaises, qui ont servi pendant les guerres napoléoniennes et pendant la deuxième guerre mondiale à
cacher plein de monde dedans. Puis les vues sur la mer étaient vraiment imprenables. Surtout dans l’aprèm quand le temps s’est levé (normal, on voyait… les côtes françaises).
Lundi : Helen et Stephen ont tous deux des cours d’été le matin (truc de masochiste, des cours d’été… ça ressemble à du centre aéré, mais ce n’est pas du centre aéré) - judo et sécurité routière
à vélo (mais lol). Les premières semaines ils en avaient aussi mais jamais en même temps, et pas le matin, donc là ça voulait dire que de 10h à 12h30 j’étais libre comme le vent. Je dois dire
qu’un peu zombifiée, je n’ai utilisé ce temps libre qu’à me poser près d’un terrain vague, où justement le vent soufflait trop fort, et à réfléchir à comment je pourrais bien me débrouiller pour
retourner à Camden et acheter une veste, ce dans les limites de mon argent de poche et de mon temps. Et quand j’ai finalement bougé de là, ce fut pour lire Twilight, tome 4. J’ai récupéré les
enfants à l’école et, après manger, comme j’ai le lundi après midi libre, je me suis remise à lire Twilight… en m’arrêtant toutes les dix pages pour soupirer de désespoir. Le premier quart du
tome 4 touche vraiment le fond.
Mardi : le matin, maman anglaise me demande si je peux faire du baby sitting le soir. Justement, la veille, j’ai réalisé que je pouvais avoir des billets de train pour Stonehenge à deux fois
moins que ce que je pensais. Ça plus les heures sup de baby sitting : je pourrai peut être m’acheter une veste à Camden ! J’amène les petits à l’école, reste en ville pour acheter de quoi faire
des pizzas le soir, bouquine au parc, les récupère, on mange, Helen fait ses devoirs de vacances (quel pays de tortionnaires), Stephen travaille son écriture, et on décide de sortir de la
peinture. C’est à peu près vers 5h et demie, alors que normalement je finis mes aprèms à 4h, que j’ai réalisé que ce ne serait pas la semaine-pépère que j’espérais au vu des cours du matin. Big
sigh. Et encore toute la soirée à tenir. Enfin, on a fait les pizzas (je dois ajouter que j’ai eu beaucoup de mal à trouver de la pâte à pizzas… parce que dans ce pays bizarre, en fait on achète
la pâte déjà ronde et cuite, et on a plus qu’à la garnir et réchauffer 10 minutes), on les a mangées, vaisselle le temps qu’ils prennent leur bain, et hop au lit avec un
bouquin.
Mercredi : la fatigue se fait vraiment sentir. C’est peut être dû au fait que lundi je suis restée sur msn tard et que mardi j’ai regardé Farscape. Enfin après avoir amené les petits aux cours,
je suis rentrée tout droit à la maison pour… lire Twilight (j’ai honte. Mais c’était la seule partie racontée par Jacob, et pour une fois qu’on échappait à la narration niaise de Bella… pis
j’étais fatiguée quoi). Mercredi c’est aussi le jour où j’ai vu Stephen faire des essais culinaires : marmite-concombre, marmite-salami. L’après midi, comme promis la veille à Stephen, on a joué
à Rotten Romans. Ce jeu de société est naze. Oui, la fatigue a eu raison de moi : j’ai survécu à des dizaines de parties de tas de merde (poo-game, maintenant) à trois personnes seulement, et
avec des gamins qui gigotaient dans tous les sens, mais ce jeu, au bout de cinq minutes je le supportais déjà plus. Libération à cinq heures quand Stephen part cuisiner, même si j’ai dû aller sur
le trampoline avec Helen (mais ça je me plains pas : un big trampoline dans le jardin c’est CLASSE). Après la vaisselle, je suis allée sur mon Galahad en mode zombie. Ce jour-là pour la première
fois, j’ai compris comment marchait le jeu de la Dame de Pique.
Jeudi : j’ai eu du mal à me réveiller. En même temps, je me suis endormie après avoir regardé un épisode de Farscape où Crichton se voyait dans le futur se faire violer par une alien
tentaculaire. C’est trash. Le matin pendant mon temps-libre-forcé, j’avais des courses à faire : du chatterton pour rafistoler mes chaussures (… marre d’en racheter BDM), des écouteurs, des piles
AAA et des cartes postales. Ben fait la moitié des magasins du centre ville à demander des ear-plugs, ce à quoi on me répondait toujours « oh, ear-plugs » comme si mon accent était aussi merdique
qu’il l’est vraiment, avant de me dire que non on en avait pas. Fatigue toujours, je me suis retrouvée à causer toute seule dans la rue et le supermarché pour critiquer tout ce que je voyais,
rapportant tout au facteur « mais c’est quoi ce pays bordel ». Je ne reproduirai pas mes critiques ici parce qu’elles étaient aussi ridicules qu’agréables à formuler. Finalement j’ai tout trouvé
dans une sorte de tout-à-un-pound tenu par des Indiens qui avaient un accent pire que le mien (« oh, iih-plocks ») hihi. Enfin ça m’a fait rire parce que j’étais en train de me faire une
réflexion sur ma façon pourrie de prononcer au moment là. Puis je suis retournée me poser au parc pour boire un yaourt énorme que j’avais acheté au Liddl, genre 500g que tu manges en plusieurs
fois je pense, mais sur le coup ça a fait office de Yop. C’était bien bon. C’est ce qui a dû me consoler, parce que l’après midi s’est finalement assez facilement écoulée : tas de merde,
solitaire-msn-avec-des-vraies-cartes (« racing demons », en fait), bataille, etc.