IX - Cambridge (1)

Épisode 9 : Cambridge, à la maison

Jeudi after supper, (plus ça va et plus la proportion anglais/français dans ce journal devient inquiétante) on part pour Cambridge, chez les grands-parents anglais. On y reste jusqu’à dimanche. On est arrivés au bout d’une heure et demie de route, et je suis assez vite allée me coucher dans un - oh joie - lit UNE place, MOU, et qui REBONDIT. Le genre dans lequel on s’enfonce, que j’aime, comme l’ancien lit de Lulu. (Oui parce qu’à Tonbridge j’ai un lit deux places… dur…). Ce qui fait que - en plus il faisait nuit - j’ai pas bien vu la maison.

Et cette maison, il lui faudrait un article pour elle toute seule.

Alors déjà, on m’avait planté le décor jeudi en mangeant. Le grand-père des enfants est astrophysicien. Il étudie les trous noirs. (Oui, moi aussi j’ai tout de suite pensé « Stargate ». Fuck.). Et leur grand-mère est elle aussi universitaire, en chimie. Des érudits, donc.

Cette maison est énorme. Le sol de toutes les pièces est recouvert d’un tapis dans lequel les pieds s’enfoncent (probablement personne ne partage cette référence, mais c’est exactement comme ça que je voyais les sols chez le magicien sur l’île des monopodes invisibles dans le tome 5 de Narnia).

Dans toutes les pièces, sauf les salles de bain … il y a une bibliothèque. Et je plaisante pas : ça va de la taille de la réserve du français moyen (trois-quatre étagères bien remplies) dans les pièces comme la chambre d’amis où je dors (pas fréquentées), la taille de celui qui commence à être un peu obsédé par la littérature (ou de l’ancien L) dans le couloir ou le salon, et un mur complet de livres dans le bureau. Et j’ai PAS vu toutes les pièces.

Sinon, il y a aussi des tableaux ou des cadres partout (rien que six là où je suis…). Ou des portraits de gens. Les fenêtres sont immenses ; au salon et au bureau toute la hauteur du mur et les trois quarts de la largeur sont vitrés.


Et je me délecte, parce que d’une part les grands parents sont super sympas, et en plus ils sont très… traditionnels. Au petit déjeuner c’était toast, thé, (j’ai vu leurs bouteilles je lait, je soupçonne un laitier de passer le matin), et un quelquechose-berries que je connaissais pas et qui pousse apparemment sur l’arbre dont les vers à soie aiment manger les feuilles (j’ai pas testé les feuilles mais j’approuve la baie).

J’ai pu emprunter Peter Pan (j’aime accorder mes lectures à l’ambiance, comme quand je lisais Desnos près des vagues) qui est d’ailleurs très sympa. À cinq heures quand je suis rentrée de la ville, juste moi et la grand-mère des enfants, on a eu un vrai tea-time dans le jardin ! Tasse et soucoupe sur la table de jardin et tout. En plus dans le gazon y’a des arceaux pour jouer au croquet *petite larme*.

Et le soir on a mangé des haricots (bon, ok, ils étaient fluo), pomme de terre, agneau avec de la gelée de groseille (deuxième fois depuis que je suis là ! J’adore cet alliage), et en dessert un crumble aux plumps (prunes je pense) qu’on avait dénoyautés pendant le tea-time. J’ai oublié de mentionner le biscuit au gingembre à dix heures.



Le samedi a dépassé toutes mes attentes : l’après-midi une excursion était prévue pour voir une cathédrale dans le coin, au début je voulais y aller mais Stephen avait pas envie de rester tout seul à la maison avec son grand-père et Gerry, un de leurs amis, érudit Tchèque. Donc (entendant le mot « croquet » au détour d’une conversation) je me suis sacrifiée pour rester. On a donc joué au CROQUET hihi. J’ai perdu. Et on a eu une tasse de thé à cinq heures.

Finalement le seul bémol de cette maison aura été les deux énormes papillons de nuit qui étaient dans ma chambre samedi soir, (plus un moyen papillon de nuit et trois-quatre petits, j’avais même pas laissé la lumière allumée, et deux petites araignées, mais j’aurais bien échangé tous ces papillons en araignées parce que je supporte PAS les papillons de nuit).
Ce qui fait que j’ai un peu stressé de savoir qu’au matin ils seraient plus là (ce qui est arrivé) alors que je sais bien qu’ils sont trop cons pour retrouver la fenêtre tous seuls. Heureusement je n’ai pas trouvé de papillon mort dans mes draps… Bouhou.

Oh, j’ai aussi beaucoup aimé le « cahier des visiteurs » que tiennent les grands parents : chaque fois que quelqu’un fait un séjour chez eux, il y note la date et son nom, et un petit mot comme un livre d’or. Y’avait vraiment des gens de partout, dedans ^^
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